dimanche 7 février 2010

Littérature - Beckett





Fin de Partie

Beckett

I) Cours du prof

A) L’édition

Editions de minuit sont le revelateur du Nouveau Roman en France : il transgresse les formes classiques (des personnages, une histoire, un style), choque le lecteur…

Dans Le Planetarium de Nathalie Sarraute, même histoire reprise par plusieurs personnages : experimentations qui visent à voir ce que l’on peut transgresser

Avec Fin de Partie, même chose pour le théâtre

Dans ce texte, pas d’histoire, une pièce sur le desarçonnement de l’homme

Seule unité : l’unité de lieu = un bunker où des personnages sont isolés face à un monde exterieur que l’on peut à peine apercevoir (Hamm ne peut même pas, il est aveugle)

Deux poubelles avec les parents : psycanalyse

Homme peut il couper le cordon ?

B) Didascalies du début de la pièce

Un intérieur qui nie l’exterieur : rideaux fermés et tableau retourné

Dans les interieurs bourgeois, fauteuils recouverts de draps, ici ce sont les poubelles et Hamm

« A côté Clov le regarde » qui ? Hamm ou le drap ?

Ouverture du rideau de la fenêtre = début de la pièce

C) Non-lieu, non-temps et non-action

Le lieu décrit n’a pas d’existence propre

Didascalies décrivent des gestes sans sens

Univers où rien ne renvoit à rien (dans pensée mythique, tout renvoit à tout)

Développement d’un non-mythe, d’une non-pièce de théâtre

Désorientation profonde de cet homme moderne, par son langage, ses instruments

Univers absurde qui montre le désarroi de personnages déconnectés d’un reel sans sens, qui essayent de renvoyer à des « avants » et des « après » sans y arriver

Perte de toute verticalité « Dieu est mort »

Monde où tout repère est devennu innexistant, seul l’instant éxiste, pas le présent = malaise

Rapport maître/esclave entre personnages principaux

Une allégorie de la condition humaine et de l’homme moderne

D) Personnages

Noms étranges : volonté de Beckett de faire de ses personnages des symboles

Hamm = Hamelet, jambon, hammer…

Mais toutes ces interpretations sont limitatives, entre dans le cadre du non-dit

E) Univers qui s’approche de la pensée symboliste

Pas de logos, ici tous les éléments sont pleins et vides « Plus on est grand et plus on est plein. Et plus on est vides »

II) Conférence à Paris-Diderot

Vous allez voir, c’est le contraire du cours du prof.

A) Les jeux de mot et l’humour (Marie Hartmann)

Pièces de Beckett souvent représentées comme sombre pourtant, scènes comiques

Registre humoristique venu du cirque, de la farce, scènes d’invectives (valet frappe son maître avec un chien en peluche)

Que fait Hamm dans cette galère ?

Jeux de mots sexuels et scatologiques

1) Procédés comiques

Coupes antithétiques : homme/femme, assis/debout, maître/valet, auguste/clown blanc

Escabeau, lunette = accessoires utilisés par Clov pour faire rire

« Un temps » permet au rire de s’éteindre, comme l’allumage et l’extinction des lumières au cirque

Sketch de la puce : Allusion sexuelle avec le morpion, le déboutonnage du pantalon puis confusion de langage avec « coït »

Registre scatologique présent dans la farce : « C’est pour la Bagatelle »

A la fin de la pièce, Hamm se prend un coup de chien (allusion à Guignol)

Retournement de situation : en frappant Hamm, Clov a une nouvelle force mais il se sert d’un chien, ce qu’il est, prisonnier de son rôle inférieur

Autre jeu comique, la répétition, exemples :

Tout le monde parle de se gratter, Hamm demande sans cesse son calmant

Répétitions des échanges de dialogues, toujours les même réponses : « la meme que d’habitude », « mal »

Ces échanges rapelles l’état handicapé des protagonistes : humour noir

Degradation physique annoncée en permanence (comme « je te plumerai la tête)

Dans ce temps figé, seule réalité du temps : la dégradation des états de santé

Hamm et Clov emploient un système de renversibilité : « Loin tu serais mort. Et inversemment »

Renversements mais aussi contradictions : parodie d’effets poétiques

2) Jeux de mots

Exploitation de la ressource comique du mal entendu => dialogue de sourds des parents

Exploitation aussi du « mal-compris » : Quand Clov range, Hamm dit « laisse tomber » et clov laisse tout tomber par terre

Exploitation de la polysémie des thermes « Il est mort. Naturellement »

Dialogue de sourds sur fond noir

3) Sens de l’humour

Rire très présents, beaucoup de personnages rient, gloussent, « rire bref », Hamm suggère de « pouffer ensembles »

Personnages se racontent des histoires drôles, rire du malheur

Nell ammorce l’idée que rien n’est plus drôle que le malheur

Proximité de l’humour et de la mort, rire introduit une disconnance dans le thème sombre

Alliance constante entre gravité et dérision, le titre est l’association de la mort et du jeu

Metaphore des grains qui forment un tas : sablier = vanité, mort

Au début Hamm baille sans cesse : contraste de tons

Les prières donnent lieu à un registre familier et argotique : « le salaud il n’existe pas »

« Il y a un cœur dans ma tête » : formule profonde mais son père se moque

L’elevation vers un niveau de langue élevé est toujours troublé par des grossiertés

Réponses sans significaiton dénnoncent questions creuses

Humour participe à la recherche du mot juste

Il permet de lutter contre les stéréotypes qui donnent de l’homme, de la vie une vision fausse

Beckett refuse le voaculaire de la peine, de la misère, il propose le déraillement d’un humour grinçant

Pièces de Beckett manifestent le désir, l’effort de se libérer du clicher, sortir de la parole morte.

B) « J’ai avancé mon histoire » (Sylvie Patron)

Commentaire du texte de « J’ai avancé mon histoire » jusqu’à « Ou le petit. » p 78-80

Annalyse de l’enchainement dialogal

(Cet exposé tel que je l’ai entendu était assez compliqué au niveau du vocabulaire employé que je nommerais « jargon », c’est pourquoi j’ai essayé de le retranscrire avec des mots un peu plus compréhensibles. Je crois que le sens n’est pas perdu.)

Le comique naît d’une rupture des attentes sur le plan pragmatique et epistémologique

Tension narrative absente dans l’histoire que Hamm raconte

Enchaînements de type positifs plus fréquents, enchainements négatifs plus rares et plus longs

« J’ai avancé mon histoire » devrait être suivi d’une réaction obligée « Ah c’est bien » mais ici pas de réaction : frustration « Un temps »

Hamm répète alors : « Je l’ai bien avancée », toujours rien.

Puis injonction explicite : « Demande moi où j’en suis » : enchaînement non préférentiel et non polémique car Clov répond alors « Oh, et à propos, ton histoire ? »

L’injonction de Hamm trouve une résolution mais pas de façon logique

Puis Hamm répond : « Quelle histoire ? Ah tu veux dire mon roman ? »

La quesiton de Clov n’était pas pertinente mais Hamm est « très surpris » et non faussement surpris » selon les didascalies. Mais dialogue suffit à le faire comprendre

L’échange enchassé est cloturé par l’évaluation de Clov « Voilà. » par contre Clov ne trouve pas de réponse à sa question

Hamm dit alors : « Mais pousse plus loin ! » : c’est donc la faute de Clov si l’échange est si court, forme d’ironie interractive

Clov n’enregistre pas d’ailleurs la correction de Hamm qui fait de son histoire un roman, il dit : « tu en feras UNE autre »

Puis enchainement de répliques de Hamm sans échange qui ouvrent un nouveau dialogue : « Je dis que je l’ai néanmoins avancée un peu. »

Elements comique : Clov est très étonné et emploi le connecteur « Quand même » qui n’a pas un fonctionnement réfutatif standart

« Oh tu sais pas de beaucoup » répond Hamm, ce qui clot la séquence en en commençant une autre : « mais tout de même, mieux que rien »

Réaction de Clov en écho, hyperpositif : « Mieux que rien ! Ca alors tu m’épates » : humour de l’hyperbole si le commédien joue au premier degrès

Pui vient un échange enchassé illogique :

« Il vient à plat ventre » dit Hamm, interrompu par Clov qui répond de façon non-coopérative : « Qui ? »

Hamm répond alors de façon indéfinie : « Encore un »

Clov ne s’étonne pas en réagissant de façon incongrue : « Ah celui là ? je n’étais pas sur. »

Hamm commence à raconter puis s’interromp : « Qu’est ce qu’il y a là de si drôle ? » : question orientée, on attend un « rien. » mais Clov répond sérieusement, de façon bivalente puisqu’il relance le dialogue sur l’identité narrative : « Une place de jardinnier. »

« Ce ne serait pas plutôt le pain ? Ou le petit. » : récapitulation dans le cadre populaire des éléments du récit dans le désordre

Conclusion :

Aucun échange polémique aux questions orientées

Clov ne reproche rien à Hamm, attitude très coopérative

Echec de Hamm à raconter son histoire, il reste dans le dialogue

Cet echec : défaillance de Hamm ou de Clov ?

Couple Hamm/Clov ne fonctionne pas alors qu’avant, Nagg/Hamm avait fonctionné

Cet extrait est une variation sur le dialogue de Hamm et Nagg.

C) Surface et Pronfondeur (Régis Salado)

(Pas vraiment de plan, exposé linéaire mais très interessant)

Spectacle d’un humanité dégradée, éprouvant une resistance forte à l’interpretation

Œuvre qui se défend vis à vis de la compréhension

Hamm pose la question angoissée du spectateur : « Mais qu’est ce qui se passe ? »

Clov répond : « Quelques chose suit son court » : réponse frustrante pour le spectateur et sens métathéatral (c’est la pièce qui suit son court)

« C’est une fin de journée comme les autres » : la représentation théâtrale est rendue insignifiante, habituelle

Clov répond « On dirait » en regardant la salle : provocation vis à vis du public

Dans ce passage, le dramaturge montre les ficelles du théâtre : jeu avec les rideaux (rideaux des fenetres, draps sur poubelles, Hamm = 3 levés de rideaux) = simulacre qui mime la cérémonie théâtrale

Effet redoublé par les paroles de Hamm : « A moi de jouer » et à la fin « Jouons comme ça »

Début de la pièce se signale officiellement comem début : dans le baillement, le texte commence par A (apprentissage du langage)

Dans ce « A……moi » on entend « Hamm », en anglais on peut entendre « am », un « I am » sans sujet, sans I, sans eye (Hamm est aveugle)

Fin de partie => jeu d’échec, mettre le spectateur en echec

Mais la fin nous est refusée car elle nous ramène au début : forme circulaire

A la fin, Clov ne part pas, il reste au bord du départ pendant toute la pièce

Ce départ peut être considéré comme le sujet du drame, seulement il n’est pas consommé

On ne sait pas non plus si Nell est reelement morte

Autre sujet possible, Nell et Nagg veulent se rapprocher mais n’y parviennent pas

Clov veut s’éloigner de Hamm, Nell et Nagg se rapporhcer, echec à chaque fois

Clov feint de partir mais a faim de partir (hahaha)

Beckett assigne au spectateur une position paradoxale, ces récits appellent l’interpretation mais Beckett ne veut pas du tout qu’on interprète son oeuvre

1) Notion de surface

Jeu d’échec = clé pour comprendre la forme de la pièce :

Déplacement des pièces sur un plateau (26 déplacements de Clov au début, réglés mathématiquements par Beckett)

Pièce divisée en 16 séquences (nombre de pièces)

Personnages assimilables à des pièces : Hamm le roi, Nell et Nagg le pions, Clov le fou

Dialogue se développe en surface, reprend souvent littéralement ce qui a été dit

Premier degrès, langage déréglé, le mot « zéro » apparaît, degrès zéro du langage

2) Idée de profondeur

Point de fuite dans le jeu d’échec : les fenêtres, possibilité d’un ailleurs, perspective

Clov est le speculateur de cette perspective sauf que ces propos trompent l’œil

Pronfondeur dans le temps grâce à la généalogie : 3 générations mais pourtant rapport de parenté invérifiable

Hamm demande à Clov d’enlever le dernier rideau : ses paupières, derrière est le blanc, le vide, une profondeur à découvrir mais ce processus est frustré par le refus de Clov

3) Signification des noms

Hamm/Clov = Ame/corps : dualisme carthésien

Ou Hammer/clou : bourreau et victime

Hamm évoque aussi ham actor (= mauvais acteur en anglais)

Mais aussi nom en anglais du fils ne Noé, pièce assimilable à une nouvelle vision de l’arche de noé, refuge dans la tempête

Seulement dans le refuge de Hamm ils veulent se tuer, pas perpetuer la vie et la dernière femme meurt

Reference aussi à l’histoire de Noé qui a maudit son fils avec « Maudit progéniteur »

Autre interpretation d’un philosphe allemand, Hamm = Hamelet

Mais à chaque proposition d’interpretation, Beckett répond que tout est dans le texte, qu’in ne faut pas interpreter

Beckett dit : « Le danger réside dans la neteté des identifications » : accpter la part de resistance de l’œuvre

Beckett veut faire sombrer le langage, il commence dans ses romans, continue dans le théâtre

Cette pièce est un naufrage où on voit flotter des débris d’histoires, de langage, d’une humanité qui échoue à finir

Beckett tient ainsi son pari de « Fail better ».

D) Les didascalies (Francis Marmande)



III) Corrections de dissertations

  • Quelle vision de la condition humaine peut on dégager de Fin de Partie ?

Dans En attendant Godot, Beckett nous donne un aspect très négatif de la condition humaine. Dans Fin de Partie, la vision est plus distancière.

Ici le temps s’ets allongé, attente plus longue. Le titre Fin de Partie est à mettre en relation avec le roman de Gionno Un roi sans divertissement. Hamm est un roi. Référence aussi à Pascal pour qui le divertissement est un bien et une


catastrophe. Mais ici, monde sans Dieu.

A) Une pièce qui donne à voir une condition humaine

Personnages présentés comme des rescapés

Contextualisation : Après guerre, guerre froide : symbolisation de la fragilité de la condition humaine

Volonté d’anéantir l’humanité

Dérision de la condition humaine, volonté de s’élever, de quitter la réalité horizontale

Invente d’autres valeurs : la dérision

Personnages allégoriques, Hamm = roi jamais seul

B) Des hommes en souffrance

Personnages clows, souffrance dans leur corps

Hamm est un roi déchu (cf. Ubu roi de Jarry), il tape sur les clous en tapant sur ses doigts

Les noms sont symboliques mais courts comme coupés car monde émmiété

Un homme , trois clous : le Christ mais Hamm renie le père « Salaud, pourquoi m’as tu abandonné ? » : passion n’amène pas la redemption

Personnages souffrent aussi dans leur âme, souhaitent finir

Seule refuge est dans le rêve, une création artistique, s’élever par la création

Mais enfin, souffrance existentielle, l’ennui pascalien, pas de divertissement

C) Une condition humaine entre tragique et grotesque

Vie apparaît comme un piège, limitation de l’espace, tous englués comme dans toile d’araignée

Vision dérisoire de la vie,metabolique

Le comique permet l’évasion

Opposition comique/tragique, référence à Bergson « il pleure donc il vit »

Transfiguration théâtrale de la vie, mythe de la condition humaine

Temps aboli, absence de lisibilité dans le destin

Allégorie d’un homme sans Dieu qui ne possède que les clowneries

D) Conclusion

Quand Hamm accepte sa condition, il met son linceul sur son visage

Vie doit s’acheminer vers la mort

Pas de Dieu, ni de but, ni de sens à la vie

Seule bouffée d’air frais, la dérision qui est une valeur ici.

  • Quelle est la fonction des personnages de Nagg et Nell ?

A) Rôle scénique

Renouvellement du double registre, même problématique par deux couples différents

Deux couples : maître/valet ou père/fils et un couple père/mère

Deuxième joue un rôle de complement à la reconnaissance par l’individu de son propre moi

Intervention de ce couple introduit de la legerté, de la surprise

Parodie de la tragédie, éléments scénique : poubelles

B) Rôle tragique

Personnages réduits à la plus simple expression

Personnages souffre-douleur et dépendants, entièrement tournés vers le passé

Nostalgie de ce passé, illusion du bonheur retrouvé

Parodie de Proust, bonheur retoruvé par l’imagination

Retour inversé au mythe, Hamm a tué la mère, n’arrive pas à tuer le père

C) Rôle comique et metaphysique

Personnages clownesques, M et Mme Loyal (clown blanc) mais décalage

Accident de tandem = desastre de l’union, plus de sexe, l’objet du délit

Dérision du couple amoureux, ils choisissent l’humour

Dérision de l’acte de création

D) Conclusion

Revelateurs d’une micro-société que nous avons en nous.

  • En quoi le titre choisi par Beckett pour sa pièce : Fin de partie est il parfaitement adapté à la pièce ?

A) Une allégorie de la vie

Une pièce de théâtre = a play en anglais, référenc eà Shakespeare

Jeu d’echec avec Hamm comme roi mais pas d’adversaires, pions jouent contre leur camp

Adveraire peut être Dieu mais il n’est pas là, ou la mort

La partie s’oppose au tout

Rien n’avance

B) Partie = jeu mais divertissement innéxistant

Pièce nous ramène à la pensée de la mort par le jeu

Jeu désépéré, recherche d’identité

Opposition à Dieu à qui Hamm attribue le fait qu’il n’existe pas, comme à son père

Thème de l’attente, attente de la mort

C) Construction intellectuelle

Divertissement pour l’auteur, comique pour personnages

Culture fondamentale car jeux de mots reposent sur references culturelles

Tentation de la littérature dans l’autobiographie : souvenir de Nell, histoire du pantalon et roman de Hamm

Référence à Baudelaire

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